
Rencontre avec Cécile Virgitti, rencontre avec une championne
Dans le cadre de notre programme d’étude en géographie « L’eau, étude géographique », nous avons eu le privilège de rencontrer Cécile Virgitti ce vendredi 21 mars 2025. Pivot et numéro 10 de son équipe, elle est une figure emblématique du hockey subaquatique français. Double étoilée, championne de France et du monde, mais aussi maître-nageuse, son parcours témoigne d’un engagement passionné dans le monde aquatique.
Le hockey subaquatique est un sport collectif de six joueurs, se déroulant au fond d’un bassin d’une profondeur oscillant entre 2 mètres et 2,40 mètres. Chaque match se compose de deux mi-temps de 15 minutes, disputées dans un bassin de 20 mètres de longueur sur 15 mètres de largeur. Les joueurs, constamment en mouvement, évoluent dans l’eau tel un essaim d’abeille dans les airs.
Après nous avoir exposé le matériel nécessaire spécifique à son sport comme le palet en plomb d’1,2kg ou encore la crosse miniature, Cécile Virgitti nous a partagé son parcours qui s’est déroulé majoritairement sous l’eau, élément qu’elle a su apprivoiser pour en faire un espace de liberté et de maîtrise.
Joueuse depuis trente ans, elle a débuté le hockey subaquatique à l’âge de treize ans et a rejoint l’élite dès ses dix-sept ans. Déjà très bonne nageuse, elle fut recrutée par son club actuel à l’initiative d’anciens champions du monde désireux de former de nouvelles équipes. Dès sa première année, elle fut sélectionnée pour un tournoi international en Afrique du Sud en 1998, amorçant ainsi un parcours remarquable. Parallèlement à sa carrière sportive, elle a suivi des études en STAPS afin de devenir maître-nageuse. En 2023, elle a participé au championnat du monde en Australie, qu’elle et son équipe ont remporté avec brio. Leur stratégie foudroyante, consistant à démarrer en bloc, leur permit d’inscrire deux buts en moins de 25 secondes. « Notre équipe, sous l’eau, c’est comme des piranhas qui attaquent leur proie », nous confie-t-elle en riant.
Son intervention nous a permis de découvrir et d’en apprendre plus sur ce sport méconnu pour la grande majorité d’entre nous. En effet, le hockey subaquatique voit le jour en Angleterre dans les années 1950, impulsé par des militaires souhaitant entretenir leur forme physique de manière ludique. Le premier championnat du monde a lieu en 1983 avec la participation de huit pays, dont la France. Dans les années 1990, ce sport gagne en notoriété et s’étend à une vingtaine de pays. Bien qu’éligible aux Jeux olympiques depuis les années 2000, le hockey subaquatique peine à s’imposer, faute de financements et de soutien institutionnel, au grand regret de Cécile Virgitti et de son équipe. Néanmoins, aujourd’hui, quarante nations pratiquent ce sport à travers le monde et 80 clubs existent en France.
À quelques semaines des concours, l’enthousiasme et la passion communicative de Cécile Virgitti ont offert à notre classe une parenthèse revigorante. Son récit, empreint de détermination et d’humour, nous rappelle que la réussite, qu’elle soit sportive ou intellectuelle, repose sur une préparation rigoureuse, un engagement sans faille et une capacité à surmonter les obstacles tout en se ménageant. Une rencontre qui nous a plongés, le temps d’un instant, dans les profondeurs fascinantes d’un sport méconnu et captivant.
Nous souhaitons remercier chaleureusement Cécile Virgitti pour le temps qu’elle a accordé à notre classe, ainsi que madame Justin, notre professeure de géographie, qui a organisé cette rencontre précieuse et enrichissante.
Emma ZLATIC, étudiante en khâgne